
Epoustouflante !
Cette exposition est d’une richesse et d’une beauté inouïes. Si elle commence, de façon très traditionnelle par l’enfance de Christian Dior à Granville, puis son arrivée à Paris, elle ne suit en rien un ordre chronologique mais s’attache à mettre en avant l’univers et les passions du couturier qui ont déterminé tout son travail.
Ainsi, les photos extraites d’albums de famille expliquent son goût pour les jardins et les demeures de style classique.


Puis vient son amour pour Paris (et la parisienne) et son intérêt pour les artistes peintres avec la présentation de la galerie de tableaux qu’il a tenue avec deux amis.

Et soudain, au détour d’une salle, c’est l’éblouissement! Une succession d’immenses vitrines, dignes de celles des grands magasins, développe la suite chromatique des couleurs, passant du rose au rouge, (Lire la suite…)

Le tailleur Bar de Christian Dior méritait bien qu’on lui consacre un joli livre, sobre et élégant, narrant une histoire digne d’une saga familiale. Naissance, succès, héritage, photos d’époque et photos récentes à l’appui.
Naissance. Le 12 février 1947, Christian Dior présente une collection qui rompt totalement avec les codes vestimentaires de la guerre, mettant le corps de la femme en valeur. La poitrine est soulignée, la taille creusée, les hanches accentuées, et les jupes corolle déploient des métrages de tissu impensables dans ces temps de restriction. Scandale et engouement sont au rendez-vous et un passage en particulier rencontre un succès immédiat. Il s’agit d’un tailleur, veste en shantung naturel sur jupe en lainage noir. Il s’appelle « Bar ».
Succès. Pièce maîtresse du tailleur, la veste, se porte sur une jupe corolle ou une jupe crayon, puis plus tard, sur un pantalon. La ligne de celle du tailleur Bar exige un travail de coupe très précis, avec de nombreuses pinces et découpes qui permettent de gainer le corps sans l’entraver.
Héritage. En 2012, Raf Simons, nommé directeur artistique de la maison Dior, revisite le tailleur Bar dès sa première collection Haute Couture automne-hiver en dessinant des silhouettes à la taille très fine et aux hanches arrondies. Ses vestes, manteaux et robes respectent cette « architecture ».
DIOR La révolution du New Look, par Laurence Benaïm, ed.Rizzoli, 150 p., 35 €.